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Le Super Bowl est décadent et dépravé

Nous sommes rendus à ce moment de l’année que je déteste. Que j’haïs. Que j’abhorre.

Pas adore. Non, abhorre.  Avec un B. 

B comme « Baratte à beurre du saint-sicriss », mon patois préféré.

J’abhorre le Super Bowl. J’en ai «super ras-le-bol» comme dirait David Goudreault.

Ce moment de l’année où on calcule les retombées économiques en nombre d’ailes de poulet. Si j’avais les ailes de poulet d’un ange, je partirais pour Kaboul. Ils n’en parlent sûrement pas du Super Bowl là-bas!

Combien de litres de salsa se mangent pendant la soirée du Super Bowl? Je ne le sais pas et je m’en balec!  Même si vous me disiez: c’est huit milliards de litres, je peux rien faire de cette information-là. Je ne veux pas le savoir!

Justement, j’haïs pas le Super Bowl parce que je n’aime pas le football. J’aime ça le football, c’est mon quatrième sport préféré après le hockey, le soccer et le surf des neiges slopestyle.

Mais je trouve que la couverture médiatique du Superbowl est une honte. Ça représente tout ce qui cloche dans nos médias. Le manque d’originalité, d’audace. C’est la même maudite rengaine chaque année. Comment ça se passe une réunion de recherchistes dans la semaine du superbowl? Toujours la même chose.

  • Ouin, faudrait inviter quelqu’un pour nous parler de football.
  • Étienne Boulay?
  • Bonne idée!

Pis là y’a quelqu’un qui dit:

  • Ça l’air qu’il se consomme 338 trillions de pointes de pizza pendant le Superbowl.
  • On pourrait inviter quelqu’un pour faire une recette!
  • Bob Le Chef?
  • Bonne idée!

Je l’aime bien Bob le chef, mais il fait quoi le reste de l’année? Invitez-le à Marie-Claude dans une table ronde sur les personnalités publiques qui aiment le pâté chinois même en été, je sais pas. Il a le droit de vivre!

Et là immanquablement, dans les émissions culturelles, ils vont parler du spectacle de la mi-temps. Dr. Dre, Eminem, Mary J. Blige, Kendrick Lamar pis Snoop Dogg, qui vont faire du lipsync en faisant des steppettes. Snoop Dogg qui est accusé d’agression sexuelle en passant. C’est pas un show de mi-temps, c’est un show de me-too!

Et en bons colonisés, on va leur consacrer tout le temps d’antenne lundi matin pour discuter de si y’étaient tu bon ou pas, Kendrick Lamar. Pendant que nos artistes à nous crèvent de faim comme des chiens errant dans rue.

Un peuple sans histoire, sans littérature, mais avec des tailgates!

Et ça va parler de quoi aussi? Des pubs. Des annonces de bière qui ont le budget de 12 films québécois.

Wassssuupppp!

Wuzzzupp!

L’onomatopée érigée en système! La glorification de l’économie de marché néolibérale mondialiste. C’est rendu qu’il y a des pubs de TV 92 pouces en spécial… pour que vous puissiez regarder d’autres pubs de TV en spécial pendant le Super Bowl.

Voulez-vous un autre Nipplegate? Parce que je suis à la veille de déchirer ma chemise.

Et le pire, c’est que tous ces passionnés d’ailes et de ballons ovales se sacrent ben raide du football le reste de l’année. À part quand Laurent Duvernay-Tardif sauve la vie d’un enfant malade tout en gossant un bol en bois pendant qu’il complète un doctorat. Le reste du temps, c’est comme si ça n’existait pas.

Vous êtes des hypocrites, des malhonnêtes, j’irais même plus loin: vous êtes des snoros! Vous ne connaissez rien au football. En fait, au Québec on connaît tellement pas ça que la référence en football, c’est le chum à Véro!

Je vais vous le dire, moi, c’est quoi le football: C’est la guerre. L’apologie du champ de bataille.

Peu de gens le savent, mais c’est du football que ce sont inspirés Wolfe et Montcalm sur les plaines d’Abraham. C’est du football que s’est inspiré Frontenac quand il a dit « je vous répondrai par la bouche de mes canons à T-shirt ». Le football, c’est la violence. C’est les casques qui s’entrechoquent. C’est les commotions cérébrales.

Des gars qui tombent dans les vapes aussi profondément que votre petite amie qui a essayé de se faire accroire que ça l’intéressait, le Super Bowl, mais qui s’est endormi en première mi-temps après avoir bu trop de punch. La recette de punch anarchiste de Bob Le Chef.

Est tombée la face dans les p’tits légumes que vous aviez préparée pour vous donner bonne conscience. Comme les anciens joueurs de la NFL qui sont devenus légumes à force de s’être fait brasser l’cerveau. Y’ont le cerveau en confiture. De la confiture de pruneaux en plus. C’est même pas mangeable!

Par-dessus ça, je ne voudrais pas péter votre balloune comme Tom Brady avec ses ballons, mais la NFL, c’est le racisme systémique sur deux pattes cette ligue-là. Quel pourcentage des joueurs sont noirs?

70%.

Combien il y a de coachs noirs sur 32 équipes?

1 et demi!

Tous des messieurs blancs qui se servent des joueurs de couleur comme chair à canon. Le général Lee serait fier d’apprendre ça!

Je sais que ça a dérangé Renaud Lavoie quand il faisait sa sauce à spagatt du dimanche, mais Colin Kaepernick qui mettait son genou à terre en appui à Black lives matter, ç’a pas trop dérangé les dirigeants de la ligue. Rien n’a changé.

C’est une ligue éclaboussée par plein de scandales et éclaboussée par une cruche de Gatorade orange sur la tête du coach!  Maudit gaspillage d’électrolytes, en passant.

Et les cheerleaders regardent ça en souriant. Quand je parle des cheerleaders, je ne parle pas des filles avec leur poids santé pis leurs jupettes qui s’émancipent sur le bord du terrain. Je parle de vous. Vous les complices de ce système inéquitable et corrompu.

Avec des noms d’équipes ridicules. Cette année, ce sont les Bengals de Cincinnati qui affrontent les Rams de Los Angeles.

Les Bengals. De Cincinnati. 

Ça c’est comme si en Inde, il y avait une équipe qui s’appelait les Cincinnati du Bengale! Ils ont appelé ça de même parce qu’ils avaient un tigre du bengal dans leur zoo à l’époque. Comme si on avait appelé les Alouettes, les Lynx timides parce qu’on a un Lynx timide au Biodôme.

Et les Dodge Rams de Los Angeles, comme le pickup. Encore un hommage à la masculinité toxique.

Boycottons le Super Bowl!

Mais… juste à partir de l’année prochaine, s’il vous plait, parce que moi j’ai gagé 100 piasses que les Bengals allaient gagner 31-14.

1 comment

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  • Pis cette manie de mesurer en verge, ča me semble pervers. En passant, quand ils nous disent que quelque chose mesure trous terrains de football, est-ce que ça vous parle? Moi pas,!

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