brûlot

Les boîtes repas: l’échec des cours d’économie familiale

C’est une invasion! Tous aux abris!

Partout où je regarde, je vois des publicités d’entreprises de paniers-repas. De trousses de nourriture. De kits de manger! C’est mur à mur dans mon émission préférée, Big brother célébrité 2.

Je n’en peux tellement pu, que je m’ennuie presque des bonnes vieilles pubs de pizza c’est pas du resto! Imaginez!

Pourquoi il y en a autant des pubs? Parce que le monde en achète des boites repas. Pourquoi le monde en achète? Parce que le monde est asservi. Esclave du néolibéralisme post-moderne nécrocapitaliste! Les gens sont tellement pris dans le feu roulant du cycle infernal du travail et de la consommation qu’ils n’ont pas eu le temps d’apprendre à se faire des toasts.

Ils doivent avoir l’air fins au Pacini, ce monde-là.

Ils n’ont pas juste besoin du site de Ricardo pour avoir des instructions. Non, ils ont besoin que quelqu’un coupe, hache, émince, et mesure pour eux tous les ingrédients.

Et faut que quelqu’un les choisisse pour eux aussi. Parce que tsé, devant un étal de légumes ou de fruits, c’est ben que trop compliqué de se décider.

Quels concombres! Bande de piments! Tu veux ma photo, banane?

Eille, aller à l’épicerie, c’est un plaisir de la vie. Juger les gens qui mettent leurs citrons dans des sacs en plastique. Mépriser ceux qui se prennent pour des maîtres fromagers en reniflant leur Babybel ! Prendre in extremis la dernière baguette dans le panier d’un idiot qui a baissé sa garde !

C’est l’endroit parfait pour se sentir supérieur! On ressort de là plein de confiance en soi!

Mais non, trop compliqué pour vous, ça.

Et ce n’est pas juste de la faute au capitalisme sauvage. C’est aussi la faute au gouvernemaman. Le gouvernemaman qui nous a enlevé toute notre autonomie, notre libre arbitre, qui nous régurgite ça tout cuit dans le bec. On a engendré une société qui a besoin d’un GPS pour aller au coin de la rue.

C’est la preuve de l’échec de notre système d’éducation. Les cours d’économie familiale… qu’est-ce que ça a donné?! Comment ça se fait que le monde se souvient même plus la recette pour faire un cube de glace?

Avons-nous perdu la capacité d’enfourner des muffins ? Avons-nous peur de brusquer les muffins ? Trop fragiles les flocons d’avoine ?

On peut pu rien CUIRE!

Et en plus, ces boites-là, c’est plus cher qu’à l’épicerie. Et l’épicerie est déjà plus chère qu’avant. Plus cher que plus cher que plus cher. Ça fait cher en titi ça, si vous me permettez l’expression.

Les boîtes repas, c’est la peinture à numéro de la cuisine. C’est à la gastronomie ce que la bibliothèque Billy est à la Grande bibliothèque. D’une vulgarité sans nom!

La cuisine, ce n’est pas comme faire des Lego avec un petit plan. C’est un lieu d’imagination, de rêve, de volupté. C’est un art.

Pourquoi pensez-vous que l’on perd tranquillement notre capacité de rêver, de s’imaginer un monde meilleur?

À cause des trousses de manger!

Il n’y a plus de place pour l’improvisation. Si la recette dit “ajoutez 100ml de sirop d’érable”, mais toi, tu aimes ça le sirop d’érable jusqu’à t’en badigeonner le pourtour quand tu fais l’amour, tu peux en mettre 125ml.

“Je sais même pas comment mesurer ça, moi, 125ml”.

Moule à gaufre! Tête d’endive! Pelle à tarte!

Vous devez être le genre de personne qui a besoin d’une recette pour faire bouillir de l’eau. Reste avec ton petit sachet d’oignons hachés pis ton flacon de vinaigre de riz, pis ton ptit ziploc de paprika fumé.

Pensez-y là. Si tu as une recette qui a besoin d’une pincée de paprika, pis qu’ils mettent ça dans un petit Ziploc gros de même, comme pour le pot dans mon jeune temps, pis que 8638 personnes achètent la recette, ça fait combien de grains de paprika tout ça?

Ça fait beaucoup de grains.

Mais ça fait surtout 8638 petits Ziploc comme pour le pot dans mon jeune temps, qui s’en vont aux vidanges. J’espère que vous n’êtes pas trop suremballés d’apprendre ça?

«Oui, mais ça se recycle».

Ah oui? Je vous invite à aller lire sur la crise du recyclage pendant qu’un bébé béluga s’étouffe avec vos sachets de paprika vides.

“Ouais, mais ce n’est pas tout le monde qui est bon comme toi en cuisine”

La flatterie ne vous mènera nulle part. Ça ne prend pas la tête à Di Stasio pour faire un bon repas.

Mais au-delà de tout ça. Le pire, c’est que ces boites-là sont une atteinte à notre terroir. Nous sommes dans une guerre culturelle. Toutes ces compagnies-là ont des noms en anglais. Pas surprenant qu’ils ont comme porte-paroles Anne-Marie Withenshaw et Valérie Roberts.

Tellement non-autonomes, faut que la boite nous dise quoi faire : cook it ! D’un coup qu’on s’en servirait comme d’un chapeau.

Et avez-vous vu les repas qu’ils offrent?

Avez-vous vu?

Il n’y a rien de chez nous. Pas de pâté chinois, de spagatt italien ou de blé d’Inde.

Non, c’est le grand remplacement du manger local.

Ils ont des albondigas de boeuf.

What The F!

Du poulet aux épices à la péruvienne!

Caramba!

Du cari de légumes façon panang.

Hein?

Ce sont des chevaux de Troie wokes! Des cadeaux de Grecs remplis de feta pré-émietté ! On nous enfonce le multiculturalisme dans le gorgoton. Déjà que le bon grand verre de lait a la vie dure dans le Guide alimentaire canadien. Il ne nous restera plus rien bientôt.

Un grand complot. Et une vaste arnaque. On se fait avoir par tous les orifices. Parce qu’ils sont toujours là à nous offrir des rabais, ou ben 10 repas gratuits pour les nouveaux abonnés.

Ils t’offrent des gratuités dans l’espoir que tu oublies de te désabonner.

C’est la Maison Columbia de la bouffe, sauf que tu te retrouves avec du cari de patates douces pour 4 à la place d’un CD de Michael Bolton.

Un pas de plus vers l’apocalypse.

Je suis inquiet. Parce qu’on a du pain sur la planche, mais plus personne ne sait comment le couper.

2 comments

Laisser un commentaire Annuler la réponse.

Your Header Sidebar area is currently empty. Hurry up and add some widgets.

Quitter la version mobile