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Vodka russe à la SAQ: se dissocier de Staline

Entendez-vous les genoux des oligarques russes qui tremblent? Ils viennent de lire le tweet du ministre des Finances du Québec Éric Girard qui a décidé de bannir la vodka russe de la SAQ.

« On dit gazouillis ».

Non.

Non.

Je suis un grand défenseur de la langue française. Dans certains cercles, on m’appelle le führer du Bescherelle.

Mais jamais, jamais je n’utiliserai le mot gazouillis. Trouvez mieux que ça. Guy Bertrand… Tu dors sur la job!

Donc… Bannir la vodka russe de la SAQ, la plus communiste de nos institutions. J’ai analysé pendant deux jours de quel bord irait la doxa et je pense que c’est mieux pour moi d’être pour cette mesure. J’ai des opinions très arrêtées, mais je préfère toujours les arrêter après que tout le monde se soit mouillé.

Je suis pas plus fous qu’un autre.

De toute façon, la vodka on s’en sacre. C’est le tofu des alcools. Ça goûte juste ce que tu mélanges avec.

Votre Moscow mule ou votre White russian ou votre Bloody cesar, vous le ferez avec de l’alcool à friction, ça ne changera pas grand-chose. Ça reste toujours bien juste du jus de patates.

Oui, c’est souvent fait avec des patates, le Patrice Bélanger des tubercules ! Celui que tout le monde aime, mais que personne ne veut en reprendre.

En plus, il y a plein d’effets positifs au bannissement de la vodka.

Finis les vidéos d’Ostrogoths qui se clenchent des bouteilles de Grey Goose à 200 piasses sur Instagram. Et votre ami qui boit des Smirnoff Ice au melon d’eau parce qu’il est intolérant au gluten et parce que les sulfites, ça lui cause des migraines une fois sur deux, surtout les vins de Californie ou d’Afrique du Sud, ça va peut-être le forcer à essayer quelque chose de plus buvable.

« Smirnoff, ça vient d’Angleterre et Grey Goose, c’est français du coup ».

Tu me les gonfles! Je suis pas un documentariste. Est-ce que j’ai l’air de faire pas une cenne, mais d’aimer mon travail moi?

Un autre effet positif? On entendra pu le monde qui prononcent volka. « M’a te prendre une volka jus d’orange ma belle ». Un vrai fléau. Pire que le monde qui disent Aklète pis Califournie.

Vous feriez quoi vous contre un barbare sanguinaire en chest? Une prière? Ça ne fonctionne jamais les prières. Sauf la fois où j’avais prié le petit Jésus de recevoir l’aéroglisseur GI Joe pour ma fête et qu’il m’avait exaucé.

« Ah ben moi j’ai mis un émoji de bonhomme qui pleure sous une photo d’un bébé qui est né dans un abri antibombardement dans le métro de Kiev. J’ai fait ma part. »

Ah oui.

Hein.

As-tu fait ça tout seul ??

Bravo!

Vous savez ce qu’il en pense Vladimir Vladimirovitch Poutine de votre activisme de divan? Il s’en tamponne les blinis! Il s’en tartine le goulag! Il s’en casse les noisettes !

Moi je suis d’accord avec la SAQ. Mais j’irais plus loin. Je mettrais la série Les poupées russes à l’index! Je bencherais Alexander Romanov. Et je mettrais le feu à la Lada de Mc Gilles!

Et après ça, j’enverrais une photo de ça dans un gazouillis à l’armée russe pour la narguer.

Est-ce que j’ai dit gazouillis ? Eurk! Je voulais dire gazouillSKI !

« Ouais, mais on va faire quoi avec toute cette vodka qu’on a déjà payée avec nos taxes? »

On pourrait s’en servir pour déboucher nos toilettes ou pour désinfecter des bistouris. Ou pour enlever notre cutex. Parce que je pense qu’on a fait le tour, là, du cutex masculin ! Ça ne nous a pas rendus plus tolérants, finalement !

Arrêter de manger des pennes à la romanoff, ajouter un bandeau à notre photo de profil pis brûler notre copie non lue de Anna Karénine, c’est tout ce qu’on peut faire pour le moment et c’est bien en masse pour nous donner l’impression de faire quelque chose.

Et ça, nous donner l’impression de faire quelque chose, c’est essentiel. Parce qu’une fois que c’est fait, on peut retourner à notre Big Brother quotidien.

« Ah oui! J’ai hâte de savoir si Guylaine va être évincée pis si oui, quissé qui va faire les soupers dans la maison de Big Brother! »

Idiot. Imbécile. Gibier de potence!

Je ne parle pas de ce Big Brother-là. Je parle de celui qui nous surveille, qui nous manipule, qui nous maintient dans notre confort et notre indifférence pendant que la marche vers l’apocalypse s’accélère. Celui qui nous fait boire pour abuser de nous pendant qu’on a perdu la carte.

C’est comme ça que Staline a réussi à amadouer Winston Churchill par un beau soir d’août 1942.

Vous ne vous en rappelez pas, j’imagine? Ben non hein. L’histoire pour vous, ça se résume à la fois il y a trois jours où votre char était pogné dans le banc de neige et vous avez dû demander à votre voisin de venir vous aider en pyjama, pis qu’est-ce qu’on a rigolé.

Toute une histoire! Mais la Deuxième Guerre mondiale. Bof.

En 1942 Staline et Churchill se font un petit get together autour d’une bouteille de vodka. Après 7-8 shooters, Churchill avait oublié les millions de morts du régime communiste. Au frontibus, au nez-tibus pis toute. Ils étaient comme larrons en foire.

Churchill!

Imaginez Justin Trudeau asteure! Donnez-y un shooter de vodka, pis y va accepter de renommer Ottawa Poutinegrad.

Churchill a dit de cette soirée: « si seulement je pouvais dîner une fois par semaine avec Staline, il n’y aurait plus aucun problème. » C’est ça que ça fait la vodka. Ça vous fait devenir ami avec Staline. Et ça, la SAQ l’a bien compris. Et je leur lève mon verre.

Comme on dit en Russie.. chin chin!

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